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PHARMACOVIGILANCE
Benkirane R. Soulaymani R.
I - INTRODUCTION
II- MISE EN PLACE DU
SYSTEME DE PHARMACOVIGILANCE
Création d’un centre National de Pharmacovigilance
Cadre Législatif
Culture de notification des EIM
Collaboration des partenaires
III- LA PHARMACOVIGILANCE POINTS FORTS
Réseau International
Evolution du concept de la pharmacovigilance et Elargissement de
son champ d’application
IV- LIMITES
DE LA PHARMACOVIGILANCE
Sous notifications
Défaut de transparence
La mondialisation
L’Automédication
Médicaments contrefaits
Défaut de participation du patient
Médias
REFERENCES
LE DRAME DE LA THALIDOMIDE
I – INTRODUCTION
La sécurité sanitaire
a longtemps reposé sur le contrôle
« à priori » et la
médecine était perçue comme promoteur de l’amélioration de l'état de santé et non comme facteur de préjudices. Et, c'est autour du
médicament que la réflexion sur la
sécurité sanitaire s'est développée, en réponse à plusieurs drames internationaux
à l'issue desquels le « contrôle à posteriori
« a été mis en place :
- Jusqu'en 1938, les médicaments ne devaient pas
faire la preuve de leur efficacité et de leur sécurité d'emploi avant leur mise
sur le marché.
Après la mort de 107 enfants Américains en 1937, suite
à la consommation du sirop de sulfanilamide
contenant l’éthyléne glycol comme solvant, le Président Franklin D.
Roosevelt signe l'acte réglementaire autorisant la Food and drug Administration (FDA) à écarter du marché
tout médicament dont la sécurité n'est pas prouvée, établissant ainsi
comme pratique obligatoire les tests pré-cliniques pour les nouveaux médicaments.
- En 1941, en France
la procédure des visas est instaurée avec la
création d’une administration de tutelle, le service Central de la Pharmacie. Le visa
est une autorisation de vente délivrée si le produit présente des caractères d’innocuité,
si sa formule est bien établie et conforme à celle du produit fini, si les
conditions de fabrication présentent des garanties suffisantes.
-
Au début des années 50, en France 2
affaires ont été à l’origine de l'institution
d'un contrôle continu sur les matières premières destinées à la fabrication de
produits pharmaceutiques et cosmétiques :
L'affaire
de la poudre Baumol en 1952 contaminée par l’anhydride arsénieux qui a provoqué
le décès de 73 enfants et celle du
stalinon en 1954 contenant du triéthylétain causant 105 décès avec 150 rescapés qui sont restés invalides.
- Au début
des années 60, L’Europe sera secouée par un nouveau drame aboutissant à la
naissance de 10 000 enfants malformés, suite à la consommation par des femmes
enceintes de la Thalidomide, un tranquillisant d'origine allemande.(voir
annéxe)
Ce drame a montré d’une part, la
nécessité de pratiquer des essais pré cliniques multiples et d’autre part d’instaurer
une surveillance des médicaments après
leur commercialisation (Pharmacovigilance).
Cette tragédie sera à l’origine
d’une cascade de réformes au plan international :
- Suite à l’affaire de la thalidomide, ayant
épargné les USA,les Amendments Kefauver-Harris ont été adoptés: imposant pour
la première fois aux fabricants de démontrer l’efficacité (et non
pas seulement la sécurité d’emploi) des médicaments avant leur mise sur le
marché. Une charte des droits des consommateurs est proclamée par J.F. Kennedy :
droit à la sécurité, à l’information, au choix, à l’écoute.
-En 1962, lors de la XVIéme
Assemblée de l’OMS, il
a été décidé de créer des centres Nationaux de Pharmacovigilance avec
un centre international OMS de pharmacovigilance chargé de centraliser et d’analyser
toutes les informations disponibles sur les effets indésirables des médicaments
afin de prévenir la survenue de nouveaux drames.
La Pharmacovigilance
représente donc le premier concept de
vigilance à avoir vu le
jour dans le système de la sécurité des soins.
Peu de temps après, est survenu le drame du
talc Morhange, qui contenait par erreur de l’héxachlorophéne un
bactéricide assez puissant pour tuer 36 enfants en 1972. Près de trente ans
après, plusieurs dizaines des 204 victimes intoxiquées souffrent toujours de
lésions plus ou moins graves du système nerveux. Ceci a conduit à mettre en place un dispositif
d'autorisation préalable des matières utilisables dans les cosmétiques et les
produits d'hygiène (cosmétovigilance).
Les années
80 ont connu l’affaire du sang contaminé
en France qui ont conduit à l’institution de l’hémovigilance.
La Pharmacovigilance a pour rôle principal d’évaluer de façon
continue la balance Bénéfices / risques des médicaments
après leur commercialisation.
Elle
représente une étape essentielle dans la vie du médicament, puisqu’elle nous
renseigne sur son efficacité, son innocuité dans les conditions
normales d’utilisation, en cas d’usage prolongé, et sur un éventuel risque d’interaction médicamenteuse.
Sans
oublier qu’elle apporte un complément d’information sur sa tolérance dans les groupes de population à risques tels que l’enfant, la femme enceinte et le sujet
âgé.
Elle se justifie d’autant plus, que les
informations obtenues avant la
commercialisation du médicament(essais pré cliniques et cliniques) renseignent
sur l’efficacité et la sécurité à court terme chez un nombre limité de sujets
soigneusement sélectionnés.

II – MISE EN PLACE DU
SYSTEME DE PHARMACOVIGILANCE
Création d’un centre National de Pharmacovigilance
Selon les recommandations de l’OMS (1), le centre
de pharmacovigilance doit être un département gouvernemental pouvant être domicilié dans un département hospitalier ou
universitaire, compétent en pharmacologie clinique, en pharmacie clinique, en
toxicologie clinique ou en épidémiologie.
Il est
chargé de :
- Centraliser
les notifications d'Effets indésirables
Médicamenteux émanant des Professionnels de Santé, de l’Industrie
Pharmaceutique et du Public.
- Valider
les cas d’effets indésirables médicamenteux (établir la relation de cause à
effet entre la prise du médicament et la survenue de l’événement clinique ou
biologique (Imputabilité).
- Détecter
des signaux* : le Signal
fait référence à une information notifiée concernant une possible relation de cause à effet entre
la survenue d’un événement et la prise d’un médicament, la relation étant
inconnue jusqu’alors ou bien complètement documentée.Il faudrait généralement
plus d’un cas pour générer un signal,cela dépend de la gravité du cas et de la qualité de l’information.
- Répondre
aux demandes d'informations sur les EIM et les médicaments en provenance des
Professionnels de Santé,du Public,des
mass média
- Assurer
la coordination entre les différents Centres Régionaux, quand il s’agit d’une
organisation décentralisée
- Programmer des
enquêtes de Pharmacovigilance
- Participer à
l'enseignement et à la formation en pharmacovigilance
Cadre Législatif
Il appartient aux pouvoirs publics nationaux de veiller à ce que
les médicaments mis en circulation soient sûrs, efficaces et de bonne qualité,
et qu’ils soient convenablement utilisés
Pour cela, il est essentiel
de mettre en place un organisme national de réglementation pharmaceutique et un
centre spécialement chargé d’étudier les réactions indésirables aux
médicaments.
L’ OMS insiste sur le fait que les
responsables de la réglementation doivent comprendre le rôle central et
spécialisé que la pharmacovigilance joue dans le maintien de la sécurité des produits
médicaux. Un système de pharmacovigilance ne peut s’épanouir sans un cadre
législatif qui lui permettra d’assurer ses fonctions, qui se définissent dans
le recueil des notifications des effets indésirables des médicaments (EIM) par
le centre National de pharmacovigilance et dans la réaction aux signaux émanant de ce centre(2).
Culture de notification des EIM
La notification spontanée des effets indésirables
des médicaments constitue la pierre
angulaire de tout système de pharmacovigilance, elle représente la source
majeure d’informations en pharmacovigilance.
Dans beaucoup de pays, la notification des EIM est
volontaire, mais de plus en plus de pays ont instauré une réglementation
imposant « la déclaration obligatoire »aux professionnels de santé.
On ne peut cependant imposer à un professionnel de santé de déclarer les EIM
sans le convaincre de la nécessité de le faire et aussi sans lui apporter le
soutien nécessaire .La culture de notification des EIM, est un long processus
qui nécessite une sensibilisation soutenue des professionnels de santé. Elle
doit débuter tôt sur les bancs des facultés et se poursuivre au cours de la
formation continue post universitaire des professionnels de santé.
Tous les professionnels de santé sont concernés par
la notification des EIM, médecins,
pharmaciens, dentistes, infirmiers et sage femmes.
Par ailleurs, dans de nombreux pays, les firmes pharmaceutiques sont tenues
de déclarer aux Autorités sanitaires les EIM observés avec leurs produits.
Collaboration des partenaires
Les partenaires sont : les Pouvoirs publics,
l’Industrie,les Hôpitaux et universités,les Associations médicales et
pharmaceutiques,les Centres antipoison et les centres de pharmacovigilance,les
Professionnels de la santé,les Patients,les Consommateurs,les Médias et
l’Organisation mondiale de la santé
Main dans la main, les différents partenaires
doivent veiller à la sécurité d’emploi des médicaments et à leur usage
rationnel.

III- LA PHARMACOVIGILANCE POINTS FORTS
Réseau International
Le réseau International de Pharmacovigilance constitue un
modèle tant du point de vue organisationnel que du point de vue performance. En
effet, la combinaison des informations rapportées dans plusieurs pays favorise
la génération précoce des
signaux, d’où l’intérêt d’une collaboration internationale.
Le Programme OMS
de pharmacovigilance internationale a été lancé en 1968 pour mettre en commun
les données existantes sur les réactions indésirables aux médicaments. Il
s’agissait à l’origine d’un projet pilote
mené dans dix pays avec les systèmes nationaux existants de
notification des effets indésirables. Depuis, ce réseau a été sensiblement
élargi à mesure que davantage de pays dans le monde mettaient en place
des centres nationaux de pharmacovigilance pour l’enregistrement
des réactions indésirables aux médicaments. Actuellement, 86 pays participent à
ce programme qui est coordonné par l’OMS avec l’aide de son centre
collaborateur d’Uppsala, en Suède (Uppsala Monitoring Center).
Le centre collaborateur se charge d’alimenter la base de données
mondiale Vigibase sur les réactions indésirables aux médicaments. Actuellement,
cette base de données contient plus de 3 millions de notifications de réactions
indésirables. Le centre collaborateur de l’OMS analyse les notifications
arrivant dans la base de données grâce à un systéme BCPNN (Bayesian confidence
propagation neural network) afin :
• De recenser précocement les signaux
d’alerte concernant des réactions indésirables graves à des médicaments ;
• D’évaluer le risque ;
• D’entreprendre des recherches sur les
mécanismes pouvant aider à mettre au point des médicaments plus sûrs et plus
efficaces.
L’OMS, à travers un comité consultatif,
joue un rôle important dans la fourniture d’avis d’experts sur toutes les questions
relatives à la sécurité et à l’innocuité des médicaments.
Ce comité se charge aussi de promouvoir
l’adoption de politiques et de lignes d’action cohérentes entre les Etats
Membres et de renseigner les entités concernées sur les mesures prises dans d’autres
pays (2)
Evolution du concept de la pharmacovigilance et Elargissement de
son champ d’application
Au
début de sa création, le champ d’application de la pharmacovigilance s’était
restreint à « la surveillance des effets indésirables des médicaments,
dans les conditions normales d’utilisation, après leur mise sur le
marché ».
- Actuellement, La
pharmacovigilance est devenue le pivot autour duquel se développe le concept de
l’utilisation rationnelle du médicament. De ce fait la pharmacovigilance est actuellement impliquée dans tous les domaines
pouvant contribuer à rationaliser l’utilisation des médicaments et autres
produits de santé et à limiter leur utilisation inappropriée.
Son champ d’action
s’intéresse à :
- La
surveillance des effets indésirables des médicaments après la mise sur le
marché mais aussi au cours des essais cliniques.
- La
surveillance des effets indésirables des médicaments dans les conditions
normales d’utilisation mais aussi en
cas d’intoxication, toxicomanie, pharmacodépendance, sevrage, absence
d’efficacité, erreur thérapeutique, échec thérapeutique, résistance, contre
façon mauvaise qualité du produit ou
mauvaise information.
- La surveillance des effets
indésirables de tous les produits de santé : les vaccins et les produits contraceptifs,
les produits biologiques et de biotechnologie, les produits de diagnostic
biologique et radiologique, les produits diététiques et additifs alimentaires,
les plantes et produits de la pharmacopée traditionnelle, les produits
homéopathiques, les cosmétiques ainsi que
les produits vétérinaires.
- La
pharmacoépidemiologie, la pharmaco économie
- En 2005,
la pharmacovigilance entame un nouveau challenge, celui de détecter les erreurs
thérapeutiques, notamment au niveau des hôpitaux, afin de
contribuer pleinement à la sécurité du patient (3). Sachant que les
incidents ou accidents provoqués par les médicaments relèvent soit des erreurs
thérapeutiques ou bien d’effets indésirables des substances administrées. Un regain d’attention a été accordé tout
particulièrement aux erreurs thérapeutiques à la fin des années 90 suite à la
publication des résultats d’études menées en milieu hospitalier dans les pays
anglo saxons. La Harvard Medical Practice
study (HMPS)(4) réalisée en 1991
aux USA, a été la première étude à grande échelle effectuée sur l’incidence des événements indésirables** survenant
en milieu hospitalier : L’analyse de 30 195 dossiers hospitaliers a
révélé que 3.7 % des patients avaient été victimes d’un événement indésirable,
dont 58% étaient jugés évitables. Les erreurs thérapeutiques ont constitué les
événements non opératoires les plus communs soit 19% de l’ensemble des
événements indésirables. Aux USA, on estime que 44 000 et 98 000
décès résultent chaque année des suites d’événements indésirables.
(**) Un événement indésirable
est défini comme un évènement clinique ou paraclinique non désiré pour le
patient et lié aux soins. La notion de soins est prise au sens général et
comprend à la fois les stratégies et les actes de prévention, de diagnostic, de
traitement et de surveillance.
La Pharmacovigilance passe
ainsi du concept de la
Sécurité Sanitaire des produits de Santé au concept de la Sécurité du
Patient.
L’usage rationnel du
médicament garantissant une sécurité maximale au patient exige d’utiliser un
médicament de qualité, à la bonne dose, au
meilleur moment, par la voie
d’administration la plus appropriée, pour une durée optimale, en respectant les
précautions d’emploi et les contre indications (3). Les notifications des erreurs thérapeutiques par
les professionnels de santé seront alors le point de départ pour détecter les
dysfonctionnements et les situations à risques qui sont entrain de se
constituer afin que l’erreur qui s’est produite ne se répète pas.

IV- LIMITES
DE LA PHARMACOVIGILANCE
Sous notifications
La pharmacovigilance à
l’image des autres systèmes de santé basés sur la notification, souffre de sous
notifications de la part des professionnels de santé et ce, pour diverses
raisons : négligence, manque de sensibilisation, difficulté d’établir la
relation de cause à effet et donc peur
du ridicule, publications internationales, manque de temps, peur de poursuites
judiciaires par les firmes pharmaceutiques…
Défaut de transparence
Les résultats des études que
les firmes pharmaceutiques effectuent en vue de vérifier les effets
indésirables de leurs produits sont souvent confidentiels.
La mondialisation
L’accès non réglementé du
public à des médicaments via l’internet
par exemple, favorise la survenue d’effets indésirables qui échappent au
système de pharmacovigilance car le public n’est pas assez informé du processus
de notification.
L’Automédication
L’accès libre aux
médicaments sans prescription médicale
favorise également l’apparition d’effets indésirables qui échappent à la
surveillance de la pharmacovigilance
Médicaments contrefaits
Ces médicaments pénètrent
tous les marchés y compris ceux des pays industrialisés et sont susceptibles
d’être à l’origine d’effets indésirables
Défaut de participation du patient
La réglementation de
nombreux pays ne prévoit pas que les
patients puissent déclarer directement les effets indésirables dont ils sont
victimes. Ceci semble aberrant d’autant plus que c’est eux qui subissent le
préjudice. L’exemple des Pays Bas est un exemple intéressant dans le domaine,
il met à la disposition du public l’information sur les médicaments et
également la base de données des effets indésirables.
Médias
Avides de faire
sensation, la presse grand public se jette sur
les informations sur le médicament et avant même de les valider auprès
d’un expert dans le domaine, elle en fait la une de son journal. Les débordements qui en résultent sont souvent
difficiles à rattraper. D’où la
nécessité pour les autorités sanitaires de mettre à la disposition des médias une cellule de communication et d’information
chargée de diffuser des informations en temps réel.

REFERENCES
1- The Importance of
Pharmacovigilance, safety monitoring of medicinal products. World
Health Organization. 2002.
2 – Perspectives politiques de l’OMS sur les
médicaments-Pharmacovigilance: assurer la sécurité d’emploi des
medicaments.Octobre 2005-OMS Genéve-
3 -- World alliance for
patient safety. Forward programme 2005. WHO
4- Brennan TA, Leape LL, Laird NM, Hebert L, Localio AR,
Lawthers AG, Newhouse JP, Weiler PC, Hiatt HH.Incidence of adverse events and negligence in hospitalized patients.
Results of the Harvard Medical practice Study I. TA brennan, LL Leape…) N Engl J Med.
1991 Jul 18;325(3):210.

LE DRAME DE LA THALIDOMIDE
- La
thalidomide est un tranquillisant mis en vente sur le marché entre 1958 et 1961, dans de nombreux pays.
- Ce médicament, en apparence anodin, a causé des drames épouvantables. En
effet, la thalidomide, prescrit à des femmes enceintes, a abouti à la naissance
de « monstres phocomèles », c’est-à-dire d’enfants privés de bras et de jambes.
-
Le 10 novembre 1958, une petite fille sans bras et sans jambe est née en Angleterre. Ses pieds et ses mains étaient directement rattachés aux épaules et au
pelvis. Rapidement, cette naissance a été suivie
d’autres cas similaires en Angleterre, en Allemagne, au Canada, en Belgique, en
Suède, au Brésil, au Japon…Au total 12 000 cas de phocomélie ont été
dénombrés de part le Monde. Les anomalies étaient variables : absence du pouce
ou d’un doigt mais le plus souvent, il y avait une absence totale de formation
des os longs des membres. Certains
enfants ont pu avoir une vie à peu près
indépendante. Mais, la grande majorité
étaient complètement impotents, et
resteront toute leur vie dépendants pour
les actes courants de la vie. Des anomalies supplémentaires ont été observées : poumons déficients, absence de
vésicule biliaire ou de l’appendice, becs-de-lièvre, malformation des yeux …
- C’est
le 13 novembre 1961 qu’un pédiatre de Hambourg a mis en accusation la thalidomide. Six jours plus
tard, tous les médicaments contenant de la thalidomide ont été retirés du
marché en Allemagne.
Dans les mois qui a suivi, les mêmes mesures ont été prises dans les autres
pays.
- Les
essais menés chez l’animal en 1954 n’avaient pas mis en évidence de toxicité
particulière. Les tests pratiqués sur plusieurs centaines de patients ont
souligné les propriétés sédatives mais pas les effets secondaires.
- La
thalidomide a été à l’origine de nombreux procès, la firme pharmaceutique a payé
les dommages et intérêts aux victimes.
- Avec ce drame, il apparaissait clairement qu’il était urgent de réformer
le parcours d’un médicament du laboratoire au consommateur.
En effet, il ne s’agissait plus pour les laboratoires de savoir si un
médicament était dépourvu de toxicité pour l’organisme humain mais également de
déceler l’éventuelle action nocive sur le fœtus.
- La Thalidomide continua néanmoins à être utilisée pour le traitement de la lèpre et, plus
récemment, ses indications furent étendues à un éventail beaucoup plus large de
pathologies. Ces utilisations ne sont autorisées que sous contrôle strict et
avec l’avis d’un spécialiste. En dépit de ces précautions, entre 1969 et 1995,
34 cas d’embryopathie due à la thalidomide ont été enregistrés dans des zones
d’endémie lépreuse d’Amérique du Sud dans le cadre de l’étude collective latino
américaine sur les malformations
congénitales.

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